Prendre appui, se déplacer
Ces dessins sont des relevés de la trajectoire vivante du sujet percevant dans son milieu.
Le protocole fonctionne comme un outil d’enregistrement direct. Que mon regard se fixe sur un détail du sol, qu’un son capte mon ouïe ou qu’une sensation physique traverse mon corps, la main enregistre ces focalisations successives, même lorsqu’elles ne sont que les vicissitudes de son propre geste.
Le tracé oscille alors entre deux modalités : tourner en boucle, matérialisant l’insistance du regard, le maintien ou l’immersion dans un détail ; ou déraper, traduisant des sauts de pensée, des ruptures attentionnelles ou, parfois, un excès de concentration.
Prendre appui ; se déplacer raconte la façon dont nous participons activement à la construction de notre perception : comment un foyer d’attention se défait tandis qu’un autre émerge, sans qu’il y ait jamais de véritable rupture.
Le protocole varie selon les dispositifs employés : l’ajout d’un cadre dessiné sur le papier ou l’utilisation d’outils d’observation tels que des plaques transparentes.